PRESSE

STORY de l'artiste

Comme beaucoup d’antillais, j’ai été marqué par les parfums, l’ambiance, et le mysticisme des îles. Mon imaginaire en est gorgé de souvenirs :

les nuits de frayeur agitées par les histoires et les mythes de Marie-Galante que mon père nous contait, ma sœur et moi : la diablesse, le cheval à trois pattes, la femme vêtue de blanc…Je me souviens également de la petite boutique de mon oncle revendeur d’articles ésotériques. L’atmosphère chargée d’effluves d’encens, l’alignement des petites fioles colorées aux noms évocateurs : Méné vini, Djéri tout, Le chat noir… et l’eau bénite dans des fioles en forme de Sainte vierge. Il y avait aussi des bougies multicolores, et des images pieuses adossées à des prières conçues pour parer chaque revers de la vie. Et tant de choses insolites, comme autant d’invitations à la rêverie.

J’ai connu une enfance heureuse dans ma Guadeloupe natale où J’ai passé ma scolarité du primaire, à traîner avec la même bande d’amis. Nous étions pour ainsi dire, « copains comme cochon ».  

Mais une fois à la maison, je bâtissais mon palais intérieur, un monde nourrit par des heures de jeu solitaire, à me fabriquer des jouets à partir d’éléments disparates, et à créer des univers mystérieux constitués d’emballages de polystyrène. Mais par-dessus tout, j’aimais les livres…mais pas la lecture. En fait, j’organisais des villes fantasmées avec mes manuels scolaires. Elles étaient si belles et foisonnantes de vie. J’y  mettais en scène toute sorte de situations rocambolesques inspirées du monde réel et des traditions populaires.

Brusquement, vers l’âge de 10 ou 11 ans, des mutations difficiles et rapides sont survenues dans ma vie. A mon entrée au collège, j’ai brutalement perdu tous mes amis. S’en est suivi une longue période marquée par le sacrifice, les  aprioris de mes camarades de classe, et les doutes d’une adolescence dominée par une sensibilité à fleur de peau. J’éprouvais le sentiment d’être exclu et inadapté à ce monde.
Etant à l’écart du groupe, j’avais le recul nécessaire pour observer les situations et les personnes de mon entourage. Dans la cours d’école j’ai pu voir les masques de fausse joie ou le jeu sournois des pressions sociales endurées par peur de déplaire « a son clan »…

Petit à petit, la valeur plastique de ce parcours de vie est devenue plus évidente :

Dans mes créations, on retrouve ce goût pour la récupération et l’assemblage d’éléments hétéroclites, ainsi que l’utilisation du polystyrène sculpté.
De même que demeure ma sensibilité au caractère sacré de la vie, ma maîtrise des symboles, ou encore, l’attention particulière que j’accorde à mon environnement. Ce qui me permet de porter un regard perspicace sur la société et les mœurs de mon époque.
C’est également de cette période que me viens cette aptitude, en photographie, à voir au-delà des apparences.
En dépit de la diversité des styles et des techniques employés, chaque collection d’œuvres constitue une sorte de journal où l’intime et le collectif se mêlent. Je les organise ensuite en une multitude de carnets thématiques, qui témoignent de ma manière singulière de voire le monde.


David Né, la presse en parle...
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Entretien de l'artiste David Né avec l'animatrice Fanny Marsot dans le cadre de son expositionpersonnelle "Excuse my street art".
Journal télévisé de Martinique première dans le cadre de l'exposition collective
"Tribulations achipeliques"
   

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